Un face-à-face tendu oppose les rebelles yéménites soutenus par l’Iran et la force multinationale de protection maritime conduite par les Etats-Unis en mer Rouge. Lundi 1er janvier, l’Iran a déployé dans la zone le navire de guerre Alborz, au lendemain d’une confrontation meurtrière entre l’armée américaine et les houthistes. Ce déploiement complique les efforts de Washington pour arrêter les attaques houthistes contre des navires marchands dans ce carrefour maritime mondial. Si le président américain, Joe Biden, n’exclut pas des frappes directes contre les houthistes au Yémen, selon des médias américains, il a jusqu’à présent privilégié la dissuasion afin d’éviter une propagation régionale du conflit entre Israël et le Hamas.
Le déploiement, mi-décembre 2023, de la force navale multinationale n’a pas mis fin aux attaques. Depuis le début de la guerre, le 7 octobre, entre Israël et le Hamas à Gaza, les houthistes, qui contrôlent une grande partie du Yémen, ont multiplié les attaques contre des navires qu’ils estiment « liés à Israël », en solidarité avec le territoire palestinien. Selon le Pentagone, ils ont lancé plus d’une centaine d’attaques au drone et au missile, visant dix navires marchands. Ils détiennent depuis novembre le Galaxy Leader et ses 25 membres d’équipage. En conséquence, les géants du transport maritime avaient suspendu le passage de leurs navires en mer Rouge, un axe stratégique par lequel transitent 12 % du commerce mondial.
Le 31 décembre 2023, les premiers accrochages meurtriers ont eu lieu avec l’armée américaine en mer Rouge. Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé avoir coulé trois navires des rebelles, après des attaques contre un porte-conteneurs du transporteur danois Maersk, au large de Hodeïda. Dix rebelles houthistes ont été tués dans cette frappe, selon leur porte-parole militaire, Yahya Saree. Pendant cette opération de secours, le destroyer américain USS Gravely a abattu deux missiles balistiques tirés depuis le territoire yéménite contrôlé par les houthistes « en direction des navires » militaires américains, a ajouté le Centcom.
Un dilemme pour l’administration Biden
« L’ennemi américain assume les conséquences de ce crime », ont dénoncé les rebelles houthistes dans un communiqué, et « ses mouvements militaires en mer Rouge pour protéger les navires israéliens n’empêcheront pas » les houthistes d’« accomplir leur devoir religieux, moral et humanitaire en soutien à ceux qui ont été lésés en Palestine et à Gaza ». Le géant danois du transport maritime Maersk a annoncé suspendre pendant quarante-huit heures le transit de sa flotte en mer Rouge. Ses navires venaient juste de retourner dans la zone, tout comme ceux de l’armateur français CMA CGM.
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