Autant les vingt-sept chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne (UE) ont réussi, jeudi 14 décembre, à s’entendre pour lancer l’ouverture des négociations d’adhésion de l’Ukraine, de la Moldavie et de la Bosnie-Herzégovine à l’UE, autant ils restent incapables de demander un cessez-le-feu à Israël dans le conflit israélo-palestinien. Vendredi, le sujet a bien été abordé par les dirigeants lors du second jour de la réunion du Conseil européen, mais pas question de publier des conclusions sur cette discussion si sensible, tant la désunion reste de mise.
Alors que les opérations israéliennes contre le Hamas se poursuivent, faisant des milliers de victimes palestiniennes, les Européens se refusent toujours à appeler collectivement à l’arrêt des bombardements. « La politique extérieure de l’Europe est fondée sur le consensus, donc l’unanimité, rappelait avant le débat Leo Varadkar, le premier ministre irlandais. Aujourd’hui, une majorité des pays européens est en faveur d’un cessez-le-feu à Gaza. Mais pas tous. Il y a encore un ou deux pays qui ne le souhaitent pas, car ils pensent que cela empêcherait Israël de poursuivre les terroristes du Hamas. Je ne suis pas d’accord avec cette interprétation. »
Dès lors, justifie un haut fonctionnaire européen, « on n’a pas refait un débat de six heures à Bruxelles, comme les 26 et 27 octobre lors du précédent Conseil européen, alors que les Européens n’ont pas su voter de la même manière à l’Organisation des Nations unies [ONU] cette semaine à New York sur une résolution sur une demande de cessez-le-feu ».
« Renforcer le travail de convergence »
Reste que « les positions des pays ont bel et bien évolué depuis octobre », juge M. Varadkar. Fin octobre, les chefs d’Etat et de gouvernement européens avaient mis des heures à s’entendre sur un texte commun demandant à Israël l’organisation de « pauses », mais pas de cessez-le-feu. Mardi 12 décembre, lors d’un vote de l’ONU, dix-sept pays européens ont soutenu à New York une résolution appelant à l’arrêt des combats, sept Etats membres se sont abstenus, dont l’Allemagne et l’Italie, et deux s’y sont opposés, l’Autriche et la République tchèque. Par comparaison, le 27 octobre, déjà à l’ONU pour le vote d’une précédente résolution, ils étaient seulement huit à demander ce cessez-le-feu, dont la France, et quatre à s’y opposer, les autres pays s’abstenant.
« On est tous en train de progresser dans la même direction. Je me félicite que le choix que la France a fait parmi les premiers d’une demande de cessez-le-feu est suivi par de plus en plus de partenaires », commente Emmanuel Macron. « Il faut renforcer le travail de convergence », plaide pour sa part Charles Michel, le président du Conseil européen. Pour autant, juge le président français, « il ne faut pas en faire un objectif en soi. Ce qui m’importe le plus, c’est qu’en Européens, on ait une réponse très concrète de coordination sur les questions sécuritaires (…), humanitaires, et un travail commun sur la solution politique » à deux Etats.
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